Pour le sociologue Eric Maurin, les normes sociales liées a un territoire donné sont déterminantes et facteur de
discriminations.
Marianne : Comment interprétez-vous les récentes violences urbaines ?
Eric Maurin : Il s'agit d'une violence muette, d'un face-à-face sans médiations entre les émeutiers et les pouvoirs
publics. Aucune parole n'est véritablement libérée. Voilà une des très grandes différences avec Mai 68. Du coup, la violence peut s'arrêter, mais rien n'est réglé. Tout peut reprendre, et va sans
doute reprendre bientôt. Cette violence n'éveille par ailleurs aucune sympathie, y compris dans les familles des émeutiers. Aucun risque de voir, comme en Mai 68, un mouvement ouvrier embrayer
sur ces émeutes. (...)
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Le culte de la transgression cher aux années 60 fait aujourd'hui les beaux jours de la publicité et du
néolibéralisme. Le rebelle n'est plus qu'une proie facile pour les marques. C'est le constat auquel se livrent deux universitaires canadiens dans "Révolte Consommée".
Publicitaires de tous les pays, unissez-vous ! Surfant habilement sur l'iconographie de Mai 68, la dernière campagne d'affichage
de la marque Leclerc n'a pas fini de faire des vagues chez les gardiens de la flamme révolutionnaire. Mais, foi de baba, les marchands du Temple ne passeront pas. « Halte à la récup » ! Le
refrain est bien connu. Pourtant, force est de constater que rébellion et consommation font plutôt bon ménage. Rien de plus vendeur que le Che. Ou qu'un bon livre sur les méfaits de la société de
consommation. Pour la petite histoire, le dessinateur de l'affiche la plus représentative de l' « esprit de Mai » a fini par négocier ses droits d'auteur avec l'agence de publicité mandatée par
Michel-Edouard Leclerc... (...)
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Empêtrés dans leurs luttes intestines, n'offrant plus de vrais projets de société, ne favorisant plus de débat
d'idées en leur sein, les partis perdent leurs adhérents et pèsent de moins en moins lourd dans le jeu démocratique. Analyse.
La démocratie a-t-elle encore besoin des partis politiques ? Question abrupte. Sulfureuse. Voici pourtant que le débat s'invite jusque dans
les murs de l'Assemblée nationale. Quelque temps après le référendum européen, le député PS Gaétan Gorce organisait un colloque au Palais-Bourbon pour se saisir de la question. Et éviter le
naufrage. Car après les orages du 21 avril 2002 et du 29 mai 2005, la météo électorale annonce du gros temps, notamment sur l'itinéraire du PS. Empêtrés dans leurs luttes internes, ses dirigeants
donnent à voir un spectacle qui participe d'une crise de confiance générale entre les citoyens et leurs représentants. Le 10 octobre dernier, le Parisien publiait en écho un sondage choc
: 76 % des Français n'ont pas confiance dans leurs élus... Comment l'analyser ? (...)
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La république des idées est en effervescence. Le référendum sur le projet de traité constitutionnel a délié les langues et mobilisé les consciences. Et
chacun de défendre sa vision de la construction européenne. Une prise de parole qui révèle tout le malaise français.
L'Europe aiguise les passions. Elle réintroduit de l'enthousiasme dans la vie publique. En dépit des apparences, les intellectuels n'échappent pas à cette règle.
N'étaient ceux qui s'obstinent à opposer la Fiance généreuse (celle du oui) et la France étriquée (celle du non), le débat européen prend de l'ampleur. Le questionnement grandit parmi la
population française. Les lecteurs des journaux affirment leur point de vue et le besoin d'explications se fait sentir dans tous les milieux sociaux. « L'Europe s'est d'abord construite à partir
du marché et du droit et le débat semblait réservé aux juristes et aux économistes. Elle est aujourd'hui rattrapée par le politique et je trouve cela très positif, même si le moment est tardif
car de grands choix, comme l'élargissement à 25, ont déjà été faits » , se félicite ainsi la juriste Mireille Delmas-Marty, professeur au Collège de France. Hors le filtre de certains médias,
tout concourt, enfin, à ce que la parole se libère. (...)
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Marianne : Vu la tournure prise par le débat sur la Constitution européenne, ne pensez-vous pas qu'une fois encore nous peinons à assurer le pluralisme
?
Jean-Pierre Le Goff : En effet. Il y a comme un parfum d'après-21 avril dans cette campagne : les artistes et les intellectuels se mobilisent, on fait chanter
l'hymne à la joie ; mais, très vite, les accusations pleuvent pour qui n'est pas favorable au traité constitutionnel : « lepéniste » , « ringard » , j'en passe et des meilleures... (...)
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http://www.marianne-en-ligne.fr/e-docs/00/00/44/17/document_article_marianne.phtml
Politique de charité pour les uns, politique d'égalité pour les autres, la discrimination positive divise les Français. Et si
derrière ce débat houleux se cachait un vrai choix de société. Explications.
Le nouveau président de l'UMP se fait décidément une idée bien à lui de la République. Bien avant sa prise de position en
faveur d'une révision de la loi de 1905 sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat, Nicolas Sarkozy suscitait déjà une vive polémique, en janvier dernier, après avoir nommé un « préfet musulman»
. Objectif? Promouvoir la discrimination positive, une politique adoptée notamment aux Etats-Unis en faveur des minorités ethniques.
Traduite de l'américain affirmative action, la discrimination positive renvoie ainsi à un ensemble de mesures préférentielles et
provisoires à destination d'un groupe dont il s'agit d'assurer le rattrapage dans des secteurs comme l'emploi ou l'université. Pur oxymore ? Discriminer, c'est d'abord discerner, distinguer ;
mais c'est aussi, dans un second sens, séparer un groupe pour le traiter plus mal que les autres. (...)
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